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    «Un retrait provoquerait un dangereux vide sécuritaire»
     

    Propos recueillis par Isabelle Lasserre
    22/09/2008 | Mise à jour : 06:28 |
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    «La France a toujours étéà l'avant- garde de la liberté», a déclaré Zalmai Rassoul (à gauche)
    «La France a toujours étéà l'avant- garde de la liberté», a déclaré Zalmai Rassoul (à gauche) Crédits photo : AFP

    INTERVIEW - Zalmai Rassoul, ministre chargé du Conseil national de sécurité en Afghanistan, Zalmai Rassoul, défend la présence des forces françaises dans son pays.

    LE FIGARO. - Quelles seraient les conséquences d'un départ des troupes françaises d'Afghanistan ?
    Zalmai RASSOUL.- Un retrait français serait un coup psychologique très dur pour le peuple afghan. La France est un pays très connu en Afghanistan, qui a aidé à la lutte contre les Soviétiques et les talibans. Paris est réputé pour défendre les droits de l'homme et la démocratie dans le monde. Son départ pourrait entraîner celui d'autres pays comme la Pologne, ce qui porterait un coup majeur à l'engagement de l'Otan. Sur le plan militaire, un retrait de la France, qui a joué un rôle important dans la stabilisation du pays, à Kaboul ou dans l'est du pays avec ses forces spéciales, provoquerait un dangereux vide sécuritaire, qui serait rempli par les talibans. Les Afghans seront les premiers à en payer le prix. La présence des forces internationales a permis à notre pays de faire de grandes avancées : même si elle est imparfaite, notre démocratie fonctionne. Notre presse est libre, les femmes ont désormais les mêmes droits que les hommes, les filles vont à l'école et 70 % des Afghans, contre 9 % en 2001 sous les talibans, ont accès aux soins médicaux. Si les talibans reviennent, ce sont d'abord la liberté et la démocratie qui en pâtiront. À terme, tout le monde perdra. La France a toujours été à l'avant-garde de la liberté. Nous savons tous que la liberté est une notion qui coûte parfois très cher.

    Les forces internationales ont-elles commis des erreurs en Afghanistan ? Comment les réparer ?
    Jusque-là, le problème a toujours été vu dans une perspective purement afghane. Or, on ne pourra pas gagner ce combat sans le considérer dans une perspective régionale et sans agir dans les zones tribales pakistanaises, qui abritent les usines qui forment les terroristes. Les alliés comprennent enfin aujourd'hui que la racine du mal, ce sont les sanctuaires des talibans au Pakistan et qu'il faut donc aussi agir là-bas. Ceci étant dit, il faut également augmenter l'aide au développement en Afghanistan, notamment celle qui concerne l'armée, la police et la justice, qui constituent la vraie porte de sortie. Les forces militaires seules ne sont pas la solution contre l'extrémisme. Il faut gagner le cœur des jeunes, qui trop souvent cèdent aux sirènes financières des trafiquants de drogue, par le développement du pays.

    La stratégie du général américain Petraeus en Irak, qui a retourné les tribus sunnites contre les djihadistes d'al-Qaida, et qui a la charge désormais du dossier afghan, peut-elle s'appliquer à votre pays ?
    En effet, cette idée est en train de faire son chemin dans la communauté internationale. Il n'y aura jamais assez de soldats pour protéger chaque village. Il faut donc mobiliser les tribus afghanes, leur permettre d'utiliser leurs armes pour se défendre contre les terroristes. Il faut aussi favoriser la réconciliation. Il existe deux types de talibans. Ceux qui sont d'accord pour rentrer en Afghanistan et accepter notre Constitution. Il faut travailler avec eux et garantir leur sécurité. Et les autres, ceux qui sont proches d'al-Qaida, qui doivent être combattus. Ils sont une minorité mais sont très actifs et il y a parmi eux davantage d'étrangers que d'Afghans.

    » L'Afghanistan en débat à l'Assemblée nationale

     

  • Bercy reconnaît un mariage d'homosexuels néerlandais
     

    L.S. (lefigaro.fr) avec AFP
    05/09/2008 | Mise à jour : 19:26 |
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    Mariés aux Pays-Bas, où le mariage gay est légal, ils payent leurs impôts en France, et souhaitaient pouvoir remplir une déclaration commune.

    Bercy a reconnu valable le mariage d'un couple d'hommes néerlandais installés en France et qui avaient contracté leur union aux Pays-Bas, leur permettant d'avoir une imposition commune, a annoncé vendredi l'avocat des deux hommes.

    PeterJan et Aad, mariés aux Pays Bas où le mariage homosexuel est légal, vivent en France depuis plusieurs années, tiennent un gîte dans le Gers et paient leurs impôts en France. Dans les faits, ils voulaient faire une déclaration commune de revenus, ce qui leur était systématiquement refusé en France, selon leur conseil. «Cela fait un an et demi que j'avais saisi le service juridique et la direction de législation fiscale : ces deux services devaient répondre», a raconté Me Leclerc.

    Une décision administrative en date du 11 juillet 2008 émanant de la direction générale des finances publiques du ministère du Budget reconnaît la légalité de leur mariage «et surtout les conséquences fiscales d'un mariage contracté par deux personnes de même sexe dans la mesure où il est légal: il donne les mêmes conséquences de droit que pour des conjoints mariés français», a-t-il détaillé.

    »Cette décision est une petite victoire pour un grand avenir», a-t-il ajouté, faisant état d'une «première» en France. «Leur combat était moins sur les économies à réaliser que pour une question de principe», ajoute l'avocat, en soulignant que « cela ouvre une porte sur les questions relevant de la succession ».